Il n'y a jamais rien eu au creux de ma main. Mes phantasmes y ont peut-être laissé, parfois, l'ombre d'une illusion, mais plus maintenant.
Ma main est vide parce que mon c½ur l'est aussi.
Les yeux fixant une lune effacée, je me tourne vers mon c½ur, je l'interroge, me heurte à son silence, et je pleure lâchement la fugue de notre liberté.
Mon c½ur est mort de n'être jamais né. Comme une étincelle qui ne deviendra jamais flamme, par manque d'oxygène, par manque de souffle, par manque de tout. Mon c½ur est désormais comme un géant de pierre, endormi, perdu, ailleurs.
Il a pourtant battu, chanté, brillé. J'en ai le vague souvenir, mais il ne veut plus m'entendre, il ne veut plus rien entendre. Il est fatigué, usé de s'être trop débattu.
Alors, je le laisse faire, je lui dis que je comprends. Je sais qu'il est toujours mien, que je peux lui faire confiance, que nous sommes ensemble malgré tout. Mais il ne veut plus rêver, parce qu'il sait que c'est inutile.
Bondir sans rebondir, sourire sans réponse, s'ouvrir sur le froid, nous ne le voulons plus.
C'est votre faute à vous, anges muets, princesses aveugles, merveilleuses insensibles. C'est vous qui n'avez pas su nous aimer, pas même nous comprendre, jamais ne nous avez accordé un sourire. Toujours absentes, vous avez anéanti nos forces et brisé notre lumière.
Tant pis.
Aujourd'hui mon c½ur bat d'une morne mélodie, peignant sur un ton grave son ode à l'oubli.
Je n'irai pas à son encontre, et personne ne le fera ; qui serait assez fou pour prétendre recueillir au creux de sa main, sans le détruire, un c½ur dans un tel état de disgrâce ? Il faudrait la plus douce et la plus lumineuse des mains pour pouvoir le caresser.
Et ça, vraiment, il ne peut plus y croire.
Tant pis pour lui.
Texte écrit à la demande de Maryne, pour son magnifique blog sur l'écriture. Le sujet consistait à débuter le texte par "Juste au creux de ma main".
Son blog (RIP) : http://jai-tr0p-a-dire.skyrock.com/



