"Juste au creux de ma main

"Juste au creux de ma main
Juste au creux de ma main...rien.
Il n'y a jamais rien eu au creux de ma main. Mes phantasmes y ont peut-être laissé, parfois, l'ombre d'une illusion, mais plus maintenant.
Ma main est vide parce que mon c½ur l'est aussi.
Les yeux fixant une lune effacée, je me tourne vers mon c½ur, je l'interroge, me heurte à son silence, et je pleure lâchement la fugue de notre liberté.
Mon c½ur est mort de n'être jamais né. Comme une étincelle qui ne deviendra jamais flamme, par manque d'oxygène, par manque de souffle, par manque de tout. Mon c½ur est désormais comme un géant de pierre, endormi, perdu, ailleurs.
Il a pourtant battu, chanté, brillé. J'en ai le vague souvenir, mais il ne veut plus m'entendre, il ne veut plus rien entendre. Il est fatigué, usé de s'être trop débattu.
Alors, je le laisse faire, je lui dis que je comprends. Je sais qu'il est toujours mien, que je peux lui faire confiance, que nous sommes ensemble malgré tout. Mais il ne veut plus rêver, parce qu'il sait que c'est inutile.
Bondir sans rebondir, sourire sans réponse, s'ouvrir sur le froid, nous ne le voulons plus.
C'est votre faute à vous, anges muets, princesses aveugles, merveilleuses insensibles. C'est vous qui n'avez pas su nous aimer, pas même nous comprendre, jamais ne nous avez accordé un sourire. Toujours absentes, vous avez anéanti nos forces et brisé notre lumière.
Tant pis.
Aujourd'hui mon c½ur bat d'une morne mélodie, peignant sur un ton grave son ode à l'oubli.
Je n'irai pas à son encontre, et personne ne le fera ; qui serait assez fou pour prétendre recueillir au creux de sa main, sans le détruire, un c½ur dans un tel état de disgrâce ? Il faudrait la plus douce et la plus lumineuse des mains pour pouvoir le caresser.
Et ça, vraiment, il ne peut plus y croire.
Tant pis pour lui.



Texte écrit à la demande de Maryne, pour son magnifique blog sur l'écriture. Le sujet consistait à débuter le texte par "Juste au creux de ma main".
Son blog (RIP) : http://jai-tr0p-a-dire.skyrock.com/

# Posté le mercredi 22 avril 2009 06:27

Modifié le mercredi 22 avril 2009 06:43

La dernière Croisade

Fièrement, le vieux Troll s'était juré de partir sans se retourner, mais c'est son c½ur qui lui fit faire demi-tour.
Depuis longtemps déjà, sa place n'était plus sur les champs de bataille. Dix vies d'homme s'étaient écoulées depuis l'épique victoire de son clan sur Illidan et ses sbires.
Tous ses compagnons d'alors étaient déjà tombés sous les coups du temps, ou avaient succombé aux sirènes d'autres royaumes en guerre.
Il était seul, désormais, assis sur une petite colline du village de Sen'Jin, seul à ressasser ses souvenirs, ou à les noyer dans une bière-massue de Kreeg, vestige de ses victoires sur les ogres d'Hache-Tripes.
Oui, il se sentait très vieux, et il savait que son c½ur allait bientôt l'abandonner. Mais dans ce dernier soubresaut de plénitude, une larme prit naissance au creux d'une paupière craquelée de rides, et se fit le prisme de ses souvenirs.
Il se surprit à sourire, pendant l'éternité qu'il fallut à cette larme ensoleillée pour atteindre la terre de ses ancêtres.
Il revit en elle mille visages, entendit les voix harmonieuses et mélangées de tous ses frères d'arme. Il sentit en elle l'amertume des défaites, le parfum et la fierté enivrants des victoires, les cris inimitables de l'amitié.
Alors la larme s'écrasa au sol, et pendant la fraction de seconde où elle éclata en un arc-en-ciel d'émotions, il comprit que ce n'était pas celle de sa mort. La vie venait de le quitter, et son sourire se figea sur son visage apaisé.
La vie, cette énergie sacrée qu'il avait immanquablement défendue, n'était plus en lui.
Mais ce sourire et cette larme, c'était son héritage.
D'autres allaient reprendre le flambeau.
La vie continuait
.



Nausicaä 13/03/06 - 03/09/09



La dernière Croisade
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# Posté le dimanche 23 août 2009 06:07

Madame la Marquise

Madame la Marquise


Vous connaissez que j'ai pour mie
Une Andalouse à l'oeil lutin,
Et sur mon coeur, tout endormie,
Je la berce jusqu'au matin.

Voyez-la, quand son bras m'enlace,
Comme le col d'un cygne blanc,
S'enivrer, oublieuse et lasse,
De quelque rêve nonchalant.

Gais chérubins ! veillez sur elle.
Planez, oiseaux, sur notre nid,
Dorez du reflet de votre aile
Son doux sommeil, que Dieu bénit !

Car toute chose nous convie
D'oublier tout, fors notre amour:
Nos plaisirs, d'oublier la vie,
Nos rideaux, d'oublier le jour.

Pose ton souffle sur ma bouche,
Que ton âme y vienne passer !
Oh ! restons ainsi dans ma couche,
Jusqu'à l'heure de trépasser !

Restons ! L'étoile vagabonde
Dont les sages ont peur de loin
Peut-être, en emportant le monde,
Nous laissera dans notre coin.

Oh ! viens ! dans mon âme froissée
Qui saigne encor d'un mal bien grand,
Viens verser ta blanche pensée,
Comme un ruisseau dans un torrent !

Car sais-tu, seulement pour vivre,
Combien il m'a fallu pleurer?
De cet ennui qui désenivre
Combien en mon coeur dévorer ?

Donne-moi, ma belle maîtresse,
Un beau baiser, car je te veux
Raconter ma longue détresse,
En caressant tes beaux cheveux .

Or voyez qui je suis, ma mie,
Car je vous pardonne pourtant
De vous être hier endormie
Sur mes lèvres, en m'écoutant.

Pour ce, madame la marquise,
Dès qu'à la ville il fera noir,
De par le roi sera requise
De venir en notre manoir;

Et sur mon coeur, tout endormie,
La bercerai jusqu'au matin,
Car on connaît que j'ai pour mie
Une Andalouse à l'oeil lutin.


Alfred de Musset -1829


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# Posté le lundi 24 août 2009 08:11

Modifié le lundi 24 août 2009 08:22

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# Posté le lundi 26 octobre 2009 06:05

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"Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ?"
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# Posté le mercredi 28 octobre 2009 19:09

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 05:26

*soupir*

*soupir*




C'est difficile...

Je veux y croire.

L'immobilisme de mon vécu joue t-il en ma défaveur ? A t-il seulement un rôle ?

Les intentions les meilleures...
Les envies les plus fortes...
Les sentiments les plus doux...

Ai-je tout simplement une place ?

Attendre quelque chose qui n'existe peut-être pas...

Un océan de soupirs.

Les sentiments les plus doux...


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# Posté le vendredi 30 octobre 2009 18:57